Lacs d'altitude

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Les lacs d'altitude sont des écosystèmes fragiles.
Soumis à des conditions climatiques extrêmes, leur fonctionnement est encore mal connu.
Etudiés depuis quelques années, les premiers résultats montrent que ces milieux, malgré leur isolement, sont également impactés par les activités humaines.

 

 

    

Le réseau "Lacs Sentinelles" a pour vocation d'améliorer les connaissances sur le fonctionnement des lacs d’altitude et d’identifier les menaces, notamment celles-liées aux changements globaux. Il cherche également à définir les actions de gestion à engager pour mieux les préserver. Coordonné par le Conservatoire d'espaces naturels de Haute-Savoie, le réseau réunit des gestionnaires d'espaces protégés et de milieux aquatiques, des scientifiques, et des usagers (associations de pêche, exploitants d’usines hydroélectriques …). 

Les gestionnaires agissent sur le terrain en assurant la surveillance des lacs 

Les scientifiques sont garants de la qualité des méthodes d’analyse et de recueil des données. 

Les usagers des lacs (pêcheurs, promeneurs, etc…) partagent leurs connaissance empirique et historique des sites, tout en exprimant leurs attentes. 

Un réseau, 3 échelles

  • Une veille générale sur l’ensemble des études engagées sur les lacs d’altitude 
  • 25 lacs d’altitude suivis régulièrement sur le long terme.
  • Les lacs « pilotes » (comme le lac d’Anterne en Haute-Savoie) qui font l’objet de programmes de recherche pluridisciplinaires 

Le réseau "Lacs Sentinelles" est doté d'un Groupement d'Intérêt Scientifique (GIS) coordonné par Asters-CEN74.

Pour plus d’informations : www.lacs-sentinelles.org

Pourquoi s’intéresser au lac d’Anterne ?

Le lac d’Anterne situé dans la réserve naturelle de Sixt-Passy est un lieu très fréquenté par les randonneurs. Le CEN74, gestionnaire de la réserve naturelle a pour mission d’assurer la préservation de ce site.
Le Lac d’Anterne est situé à près de 2000 m d’altitude, au pied de la chaîne des Fiz et des Frêtes de Villy. Son bassin versant (278 ha), d’origine glaciaire, est fragile, car sensible aux processus d’érosion. L’alimentation du lac est le fait de ruisseaux relativement diffus. Une approche basée sur l’étude de l’ADN contenu dans les archives sédimentaires a par ailleurs permis de reconstruire l’occupation des sols depuis la fin de l’âge de bronze, mettant en avant des épisodes de déforestation et de pastoralisme par des troupeaux d’ovins et de bovins (Giguet-Covex et al. 2014). Le lac est gelé entre 6 et 7 mois pendant l’année, et le sud du bassin versant est rarement totalement déneigé avant juillet (Giguet-Covex et al. 2011a).

Un des lacs les plus suivis d’Europe 

Le bassin versant du lac d’Anterne a été équipé de dispositifs de suivi haute-fréquence qui donne une image très complète des processus climatologiques et biologiques en cours sur le site. Cette approche, développée sur plusieurs années, avec des mesures continues permet de faire ressortir à la fois la variabilité saisonnière et aussi les événements rares.

Différentes sondes et appareils de mesures sont installés autour et dans le lac afin de recueillir les données. On compte ainsi deux appareils photos, deux stations « sol » (humidité et température sur les surfaces minérales et végétales des versants Nord et Sud), une station « hydro » sur la principale arrivée d’eau (paramètres physico-chimiques), une station météo et un dispositif dans le lac même. Ce dernier réunit des trappes à sédiment, une sonde multiparamétrique (oxygène, chlorophylle, conductivité, pH…), ainsi que des sondes de température répartie de la surface au fond du lac.

Pour plus d’informations, voir le rapport de Rosalie Bruel

Date de publication sur le site : 
Vendredi, 4 Décembre, 2020