Suivi du glacier de Tré la Tête : des études de terrain à la COP23

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Situé en Haute-Savoie dans la Réserve naturelle des Contamines-Montjoie et dans le massif du Mont-Blanc, le glacier de Tré-la-Tête est exceptionnel a plus d’un titre.

À l’échelle nationale, il est d’abord le quatrième plus grand glacier et le plus grand situé dans un espace protégé.
Le captage de l’eau de fonte à sa base dès les années 1940 a permis certaines des premières études sous-glaciaires.
Finalement, ses variations de longueur sont suivies depuis plus de 100 ans et, fruit d’une collaboration entre Asters (CEN de Haute-Savoie), Luc Moreau (Glaciolab) et EDF, il est l’objet d’un bilan de masse annuel depuis 2014.
Grâce à ces dernières mesures, Tré-la-Tête est devenu un des 166 glaciers de référence sur Terre, alimentant les données du World Glacier Monitoring Service (wgms.ch). Ainsi, glaciologues et gestionnaires d’espace naturel montent chaque année mesurer la hauteur de neige accumulée pendant l’hiver et la fonte estivale à la surface de ce glacier de plus de 7km de long. La comparaison de la masse accumulée et fondue permet d’évaluer l’état de santé du glacier, qui gagne et perd en volume en fonction des conditions climatiques.
Dans le contexte de réchauffement global extrêmement inquiétant et défavorable aux glaciers, Tré-la-Tête a perdu 3.2m d’épaisseur sur l’ensemble de sa surface entre 2014 et 2016. L’eau de fonte produite correspond à plus de 6000 piscines olympiques. Sur invitation de l’Agence Française pour la Biodiversité, l’évolution de ce glacier a été présentée à Bonn en novembre dernier lors de la COP23 (conférence annuelle de l'ONU sur les changements climatiques). Cette présentation a permis de rappeler l’importance d’étudier l’évolution des glaciers sur Terre. Indicateurs des changements climatiques, ils sont surtout des systèmes naturels de première importance, contrôlant le climat global, le niveau des océans, les ressources d’eau douce, les dangers naturels ou la biodiversité. Dans ce contexte, suivre, quantifier, limiter la disparition des glaciers sur Terre est une tâche majeure pour les scientifiques et les gestionnaires d’espaces protégés.