Eviter le dérangement, ensemble nous pouvons le faire !

-A A +A
Dans le contexte actuel de crise sanitaire, le gouvernement a pris la décision de fermer les remontées mécaniques pendant les Fêtes de Noël. En attendant, la montagne reste un espace de liberté et de grand air pour la pratique d’activités de sports et de loisirs liées à la neige et nombreux sont les professionnels et/ou amateurs qui se tournent vers une glisse… en toute autonomie.

Un engouement pour d’autres formes de glisse, pratiquées en nature

Depuis quelques années déjà, les professionnels constatent un enthousiasme grandissant pour les pratiques alternatives au ski alpin, plus douces, plus authentiques, plus proches de la nature. Avec la fermeture des remontées mécaniques durant les vacances de Noël 2020, la tendance semble encore s’accentuer. L’augmentation significative des ventes de matériel de skis de randonnée et raquettes en est déjà un des signes visibles. La peau de phoque, accessoire indispensable pour arpenter les pentes enneigées a le vent en poupe ! quand les skis alpin, à l’inverse, sont presque relégué au second plan !

Des pratiques qui impactent la faune sauvage de montagne

La pratique de la glisse en autonomie n'est pas sans risques. La montagne reste un milieu qui peut se révéler dangereux. C’est aussi un milieu fragile notamment de par la faune qui y passe l’hiver. Les conditions extrêmes de froid et la raréfaction des ressources alimentaires en cette période de l’année mettent de nombreuses espèces sous tension. Durant tout l’hiver, leurs dépenses d’énergie doivent être minimes. Or les dérangements humains provoquent un réflexe de fuite qui engendre une dépense énergique inutile. Les dérangements, trop souvent répétés, peuvent causer une surmortalité chez certaines espèces sensibles soit en les épuisant complètement, soit en les affaiblissant et en les rendant ainsi plus vulnérables face aux maladies ou aux prédateurs naturels.

Les galliformes (lagopède, tétras-lyre) et les ongulés (chamois, bouquetins, cerfs chevreuils) figurent parmi les espèces de montagne les plus vulnérables en saison hivernale.

Les bonnes pratiques à adopter

Afin de participer à la sauvegarde de la faune sauvage, Asters, Conservatoire d’espaces naturels qui gère des espaces naturels (dont les 9 réserves naturelles nationales du département – 21 610 hectares) et assure le suivi de nombreuses espèces de montagne, rappelle quelques règles de bon sens qui figurent parmi les bonnes pratiques à adopter lors d’une sortie en montagne:

  • Connaître la règle de l'entonnoir (voir schéma ci-contre):  Plus la zone dans laquelle j’évolue est boisée (lisière de forêt et forêt), plus le risque de rencontrer des animaux sauvages est grand. Au-dessus de la forêt, les animaux sont plus rares. Donc, dans la forêt, je ne multiplie pas les traces et je reste sur les itinéraires.
  • En cas de rencontre avec un animal, je m’arrête et je le laisse s’éloigner tranquillement. Il dépensera ainsi beaucoup moins d’énergie.
  • J’évite les lisières de forêt, les crêtes et autres zones dépourvues de neige ainsi que les réserves de faune sauvage ou les habitats hivernaux identifiés. Je prends en compte ces paramètres quand je prépare ma sortie.
  • Je respecte la réglementation, en particulier dans les espaces protégés (type réserves naturelles). Pour rappel, certaines réserves naturelles interdisent la présence de chiens même tenus en laisse (vérifiez avant de sortir avec votre animal de compagnie !), et dans toutes le survol par des drones est interdit (pensez-y quand vous souhaitez faire des images).
  • Je reste calme et je respecte le silence en montagne
  • J’évite d’être présent tôt le matin ou dans la soirée
  • Si j’ai un chien, je le tiens en laisse, ou mieux, je le laisse à la maison pour les sports d'hiver en nature

Qu'est-ce qu'une zone de quiétude ?

Une zone de quiétude est un espace de tranquillité autour des sites qui hébergent une faune sensible. La mise en place des zones quiétude permet d’engager un dialogue et une réflexion avec les acteurs locaux afin de concilier usages récréatifs sur le territoire et protection de la faune particulièrement sensible en hiver. Ces zones sont définies en fonction de la sensibilité des espèces, de la topographie des sites d’hivernage tout en prenant en compte les sources avérées et potentielles de dérangements (travaux d’aménagements, fréquentation touristique, sports de nature…). Il faut renoncer à y randonner (à pied, en raquettes à neige ou à ski) pendant les périodes de sensibilité des espèces. Ces zones sont pensées de manière à pouvoir être contournées selon les activités pratiquées sur le territoire. Elles sont étudiées pour limiter le dérangement et permettent ainsi de concilier les activités de loisirs et la préservation de la faune.

Cette année une telle zone a été matérialisée par le Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Savoie dans la réserve naturelle nationale des Contamines Montjoie. Elle vise à limiter la pénétration des skieurs de randonnée dans un espace propice à l’hivernage des Tétras-lyre. Le respect de ces fanions et de l’espace qu’ils délimitent assure leur tranquillité pour l’hiver.